
- Pourquoi PowerPoint pose-t-il problème ?
- En quoi est-il un outil de communication inefficace, qui pervertit l’information qu’il porte ?
- A-t-il réellement pu conduire à la perte d’une navette spatiale ?
- Comment PowerPoint manipule-t-il votre façon de percevoir, d’analyser et de traiter l’information ?
- Comment éviter de tomber dans les nombreux pièges cognitifs qu’il vous tend ?
- Finalement, peut-on travailler mieux, réfléchir mieux et présenter mieux sans PowerPoint ?
Toutes ces questions trouvent une réponse dans l’ouvrage "Stop aux PowerPoint! Réapprenez à penser et à présenter" (Dunod).
Préfacé par Franck Frommer, c’est un ouvrage pratique, ludique et riche qui vous permettra de dépasser PowerPoint pour en tirer le meilleur, et surtout qui vous ouvrira la porte vers d’autres façons de travailler, plus performantes, plus efficaces, en un mot : plus intuitives.
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Bonjour,
Je viens de lire votre livre sur ‘Stop au Power Point’, il est bien, pas seulement en raison du sujet immédiat, Power Point, mais de tout ce qu’il y autour et dont je connaissais quand même une bonne partie (allez, en tenant compte du biais de confirmation, que je ne connaissait pas, mettons entre un tiers et la moitié).
Et alors, je vous trouve un peu dur avec PP en ce sens que je trouve que PP aussi a un potentiel heuristique et pas ‘en dépit de’ mais grâce aux contraintes de formes qu’il impose.
La page blanche n’est pas la condition optimale de créativité, ou alors si, mais dans le sens que c’est justement la pire contrainte dont il faut se libérer. (Ce qui ne m’empêche pas de piocher une page blanche dans l’imprimante ou dans la corbeille tous les matins en arrivant au bureau, je ne peux pas travailler sans, et il en faut même plusieurs dans la journée !).
Tenez, il y a une quinzaine d’année, à une époque où il fallait imprimer les slides parce que les barcos étaient hors de prix et où on pensait encore qu’un PPS réussi pouvait changer votre carrière, j’ai réalisé un PPS pas mal : six diapos seulement. Et j’ai eu l’impression d’être utilement porté par Power Point et d’être arrivé à des résultats qui dépassaient complètement le fait d’avoir une jolie présentation.
Bon, c’était à un petit niveau, je vous explique : mon épouse était (et est toujours…) responsable dans une chaîne de magasin. Et à un moment, ils se sont mis à recevoir mensuellement des ‘fiches de synthèses’ sur format A4 recto verso, plastifiées et perforées sur tel et tel aspect du travail : ce qu’il fallait faire, pourquoi, comment…
Et lors d’une réunion, on lui a demandé d’évaluer la réception de ces fiches en magasin : intérêt de la part du personnel, impact au niveau des pratiques. Compte rendu à faire pour la prochaine réunion : typiquement un travail pour super PPS.
J’ai conseillé à ma femme de faire lire les fiches individuellement, pendant une demi heure, et de demander une petite réaction écrite aux personnes.
Et en avant pour le PPS. Et bien je peux vous dire qu’en faisant le PPS, et contrairement à ce que vous avez l’air de penser, on a bien conscience à chaque diapo que le titre doit être une re-présentation au sens Kantien (commenté par Deleuze !) des items qui sont en dessous. On a aussi parfaitement conscience que diapo après diapo on doit avoir un ‘arc narratif’ qui traverse le tout et que la diapo d’intro et la diapo de conclusion ne doivent évidemment pas suivre le schéma titre/ item au nominatif – infinitif : il faut une vraie phrase en caractère 28 minimum.
Et donc, quoi mettre pour la diapo de conclusion, exigée par le PPS qui justifierait le PPS. Quoi mettre sur un sujet a priori aussi plat : grosse tension intellectuelle, et voici ce que j’ai balancé : ‘ la lecture de ces fiches provoque chez le lecteur un réflexe d’autoévaluation et une correction de l’écart à la norme’.
C’est pas de la conclusion ça ? N’exagérons pas la performance, c’était une concaténation de phrases que je venais de lire dans un vieux bouquin de Psychosociologie, mais quand même !
En réalité, la faiblesse de PP est ailleurs : tout est faux, à commencer par la conclusion que j’évoque ci-dessus qui pourtant paraît super vraisemblable. En fait, ces fiches étaient à peine parcourues, elles étaient classées tout de suite et n’avaient aucun impact. D’ailleurs leur publication a rapidement cessé, faute de sujet certes mais aussi faute d’impact. Une conclusion un peu meilleure aurait été : quand une autorité à qui on veut faire plaisir vous fais lire ces fiches, en effet, ‘il y a un réflexe…’. Sans quoi, elles sont au mieux parcourues avec le biais de confirmation (je l’aime bien celui-là), du style : oui, ça je fais, ça aussi, ça tant pis ça on n’a pas le temps et ‘oh bien tiens’ finalement je ne suis pas trop mal dans ce que je fais et hop classement. Le problème, c’est que j’avais conseillé ‘de faire lire à chacun pendant une demi heure’, précisément pour avoir quelque chose à mettre dans la diapo n° 2 consacrée à la méthode, méthode d’enquête super interventionnelle qui évidemment oriente le résultat.
Bref, le PPS était truqué de part en part non seulement en exigeant une conclusion, mais dès le départ, en exigeant une fiche méthode. Et là, je ne vois franchement pas ce que votre combinaison ‘mindenote’ ‘prezi’ aurait fait de mieux. Je ne suis même pas sûr que j’aurais réussi à élaborer une si jolie histoire.
Finalement, à quoi servent ces foutues présentations ? A mon avis, elles ont le même rôle que la messe du dimanche. Leur impact est à la fois nul et super important. Super important si on considère que c’est ce qui tient et fait vivre les organisations et les hiérarchies, nul au point de vue des résultats opérationnels : la messe ne fait pas pleuvoir ni pousser le blé et les vrais problèmes et idées se dégagent d’un travail individuel de contacts informels. ..et de saines lectures.
Bonjour,
Merci pour ce commentaire complet et instructif !
Je trouve votre observation de l’utilité absolue de ces présentations très vraie. A l’instar de la messe du dimanche, elles jouent certainement, plus qu’autre chose, un rôle informel de cohésion sociale au sein de la sphère professionnelle. Car comme vous le dites : si elles étaient si efficaces du point de vue des résultats opérationnels, ça se saurait…S’il y a une réédition du livre, il faudra me faire penser à rédiger un chapitre sur ce point très intéressant !
En parlant de saine lecture, je ne sais pas si vous avez lu le livre de Frank Frommer (La Pensée PowerPoint:enquête sur un logiciel qui rend stupide) qui a préfacé mon bouquin, mais il aborde spécifiquement la question sociologique des présentations, leur prédominance en "mode projet" qui caractérise les organisations "matricielles". Il me semble, si ma mémoire est bonne, que votre observation va tout à fait dans son sens.
Il y aurait je crois beaucoup plus à dire sur la méta-communication des présentations que sur la communication qu’elles sont censées porter elles-mêmes…
Humour de page blanche,
Si vous vous lancez dans l’adjonction d’un chapitre de méta communication sur Power Point, il va vous falloir des exemples réels, tirés de la vie des entreprises et qui donneront un avantage à votre lecteur.
Quelque chose d’intermédiaire entre la Nasa et sa navette et les ados boutonneux et leur Vespas.
Du reste, pour la navette, il n’y aura plus d’accident, il y a aussi eu ‘Challenger’ mais ça a déjà été traité abondamment et en France par Christian Morel dans ‘les décisions absurdes’ : il va donc falloir trouver autre chose. Du reste, l’accident ayant eu lieu en 1986, on ne peut pas raisonnablement mettre PP en cause, ce serait pousser MéMé dans les orties, et je préfère pousser Jacqueline dans les jonquilles.
Je taquine un peu sur l’histoire des exemples, mais à chaque fois c’est un peu la même chose avec les livres de consultants / expert au moment où cela devient particulièrement intéressant et tendu, hop plus d’exemple, je vous donne un exemple : ‘n’hésitez pas à manipuler votre auditoire en utilisant ses cadres de références et ses biais de lectures’ ; ah ben tiens, c’est comme si c’était fait, on n’a plus qu’à laisser jouer librement notre imagination et on n’aura que l’embarras du choix…
Alors, en voici peut-être un d’exemple, comme ça vous n’aurez pas d’excuse.
Le 16 février dernier (en 2012 donc), j’ai assisté à la messe annuelle de la filiale française d’une entreprise américaine de distributeur de billets de banque qui se tenait au golf national de Saint-Quentin en Yvelines.
Et j’ai cru remarquer que le chef de la filiale, celui qui a ouvert et clôturé la séance n’avait fait que des diapos ‘littéraires’, pas un graphique, pas un schéma, juste des phrases, même quand il parlait de hausse de CA et de part de marché : il semble avoir volontairement laissé les graphiques aux autres, directeur des ventes, financier, ingénieurs…En méta communication, c’était peut-être sa manière à lui d’indiquer qu’il était LE chef. (En fait si, il avait utilisé une seule forme graphique, que les autres n’ont pas utilisée, l’organigramme, mais ça ne contredit pas vraiment ce qui précède.)
Pour la méta communication, c’est amusant, dans les années soixante et soixante-dix, on ne parlait que de ça, et puis, il n’y a pas eu de suite : c’est la première fois que je vois ressortir le sujet dans un bouquin.
Mais alors, je trouve que vous êtes en terrain miné avec votre ‘page blanche Prezilesque’. Car une page blanche, en plus illimitée en largeur et en profondeur, cela ressemble bigrement à une traduction graphique de l’injonction ‘sois créatif’, en plus, dans sa version la plus vache, celle qui n’admet même pas qu’elle a été formulée, celle qui rend fou ! Quoi que, suis-je bête, l’injonction est peut-être explicitement formulée dans le Prezi, en caractère 28 gras : ‘soyez créatif’, seulement ce doit être écrit en caractère blancs sur fond blanc de sorte qu’on a du mal à cliquer dessus.
Prezi, rien que le nom et la nationalité, m’avaient mis en alerte orange : lorsque Watzlawick voulait un exemple d’absurdité bien sonné, il allait le chercher au pays des fous professionnels, et il situait ce pays dans Budapest et ses environs immédiats. Voyez que la boucle de redondance est bouclée !
(Non je ne travaille pas pour MS, et oui je brûle d’impatience de balancer mon premier Prezi)
Diantre, je constate avec surprise que je ne vous avais pas répondu ! Toutes mes excuses !
Comment donc s’est passée votre première expérience Preziesque ?